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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 05:50

401. 

 

Porte ton cœur

Là où le temps demeure

Infiniment petit

Il tombe dans l’oubli

 

Demain peut-être

Sera-t-il remarqué

Au creux des lunes de poussières

Dans le cercle des fées

Sédiment grenat

En attente d’une rivière

 

Allo la terre ?

 

Porte ton corps

Au-delà des rêves

Filament vaporeux

Brossé de lumière pâle

Sous le joug

Des pierres incandescentes

Qui bordent les chemins

 

Demain…

 

Ses cheveux caresseront

L’horizon de tes nuits

Enlaceront ta solitude

Posée chaque soir

Sur l’oreiller

 

Un autre jour

Se lèvera

 

Juste pour toi.

 

 

Sonia

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 21:54

378. 

 

Echo frissonnant

Dans les flaques obscures

Une larme

Brise l’harmonie du soir

 

Son cri silencieux

Trouble

Les étoiles

Qui s’enfuient

Laissant derrière elles un voile de lumière

 

Faire un vœu…

 

La lune fait le dos rond

Pour que la goutte glisse

Jusqu’aux nuages

Son reflet s’éparpille

Sur leurs facettes grises

Il pleut.

 

La terre n’en peut plus

Trop de chagrin !

La gouttelette

A nouveau rebondit

Emportée par un torrent.

 

Le calme enfin,

Un lac.

Un visage se penche

Au-dessus de l’eau

Sur ces joues brille une larme

Encore…

 

 

Sonia

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 21:48

J’ai caressé

Les courbes d’un rêve…

 

Sous une pluie

De pétales azurés

J’ai vu ton regard

Implorant,

Mon amour.

Je courais vers toi

Et tu t’éloignais

Emporté par les vents,

Chimère ailée

Enveloppée d’un halo

De tendresse.

 

Je me suis éveillée,

Les courbes de mon rêve

Envolées

Avec toi

 

Sonia

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 23:39

7 novembre 1915,

Mon très cher Amour,

 

Mon cœur est glacé…

Je ne comprends pas…

Hier une jeune recrue a frappé à notre porte. Il était visiblement épuisé, je lui ai offert le gite et le couvert et après qu’il ait recouvré quelques forces il m’a demandé si j’étais bien Jeanne Legrand.

Il m’a annoncé qu’il était malheureusement porteur d’une bien triste nouvelle…

« Votre mari Victor Legrand est tombé au champ d’honneur le 20 septembre, l’armée française vous présente ses plus sincères condoléances »

 

Mais c’est impossible ! Tes lettres…

Elles sont bien là je ne les ai pas rêvées. Je les lui ai d’ailleurs montrées au petit jeune homme. Il m’a dit : «  je ne comprends pas Madame, on m’a missionné pour vous apporter la nouvelle, je n’en sais pas plus. Vous devez vous adresser au bureau des Armées pour éclaircir la situation. Gardez espoir, il y a peut-être eu une erreur… »

 

Dis-moi mon Amour que c’est une grossière erreur !

Dis-moi que mon rêve de l’autre jour n’était pas un funeste présage…

Je suis partagée entre l’angoisse tapie au creux de mon âme, prête à me dévorer et cet espoir fou qui papillonne sur mon cœur tel une plume.

Je t’en supplie dis moi que tu vas bien, dis moi que tout ceci n’est qu’un horrible cauchemar et que je vais ouvrir les yeux et découvrir ton beau visage souriant…

 

Je t’aime plus que tout…

 A très vite ?...

 

 

9 novembre,

Mon chéri,

 

Tu me manques encore et toujours et mon affliction grandit avec notre enfant.

Écris-moi, je t’en prie. J’ai si mal sans toi.

 

Je t’aime.

 

 

12 novembre,

Victor,

 

Où es-tu ?

Je t’aime à la folie…

 

 

 

 

14 novembre,

Chère Madame,

 

J’aurais tant aimé vous dire ce qui va suivre de vive voix. Malheureusement la guerre en a décidé autrement...


Il m’est très difficile de trouver les mots justes car je suis anéanti.

Vous le savez aujourd’hui et je vous le confirme, votre cher époux Victor est tombé au champ d’honneur. J’étais là au moment où il a été touché mortellement, il n’a pas souffert soyez en sûre. Cette matinée fut un véritable cauchemar pour notre armée et pour moi qui ai tant aimé l’ami Victor. Nous étions comme les 5 doigts de la main, inséparables. Je connaissais tout de sa vie. Il partageait avec moi ses joies et ses peines et je peux vous affirmer que vous étiez son plus grand bonheur et la source principale de toutes ses joies.

Chacune de vos lettres faisait rayonner son visage. Son allégresse était si grande alors qu’elle faisait le tour de notre petite troupe et tel les rayons du soleil apportait un peu de chaleur dans la froideur de nos jours. Victor vous aimait au-delà de ce qu’il est possible d’imaginer…

Quand j’ai fermé ses yeux après que le destin cruel eu fait son office, j’ai versé toutes les larmes que mon pauvre corps contenait. Mon désespoir s’est étendu par-dessus la plaine et ma plainte a fait taire les oiseaux alentours.

Puis les canons ont repris, il nous fallait courir à l’abri des tranchées. Je n’ai pas eu le cœur de laisser vos lettres à l’abandon. Puisque je ne pouvais rien faire d’autre que laisser là mon ami je me devais de garder ses lettres en souvenir afin qu’il continue de vivre à travers elles. J’ai donc pris la liberté de les garder et même je dois l’avouer aujourd’hui de les lires…

Et vos lettres Madame, ont été un baume pour mon pauvre cœur asséché par les horreurs de cette guerre. Votre poésie, vos mots égrenés comme un chapelet de douceurs m’ont permis de tenir encore.

   

Voici maintenant venu le moment de vous avouer la raison de ma missive.

Je savais que le soldat qui serait chargé de vous rapporter ce funeste événement mettrait sans doute plusieurs semaines à arriver jusqu’à vous. Je ne supportais pas l’idée de vous savoir pétrie d’angoisse, hurlant votre solitude à la lune, pleurant votre détresse d’être sans nouvelles. Alors j’ai relu vos lettres, je me suis souvenu de ce que Victor disait dans les siennes lorsqu’il me les lisait avant de les envoyer. J’ai pris ma plume et j’ai commencé à vous écrire en son nom… Vous souvenez vous lorsque Victor vous a dit qu’il dictait à son compagnon car une vilaine entorse le privait de l’usage de sa main ?... Et bien ce fut ma première lettre.

 

Je sais que vous allez m’en vouloir et peut-être même que vous ne voudrez plus jamais entendre parler de moi. Je sais que votre affliction n’aura d’égale que l’immensité du ciel. Sachez toutefois que je me tiens à votre entière disposition, que si vous avez besoin de quoi que ce soit vous pouvez me le demander. Et même si vous voulez écrire encore, raconter cet enfant qui grandit en vous, symbole de l’Amour que Victor vous portait, je suis là…

Pardonnez-moi, je voulais juste vous épargner plus de chagrin.

Victor vit encore en nous, en vous et son Amour sera toujours présent dans les cieux pour veiller sur vous et votre enfant.

 

Bien à vous.

 

René Dumant

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 08:00

 

Tu es l’aurore

De mon horizon,

La feuille d’or

De ma saison.

 

Tu es le pétale

De ma corolle

 

 

Tu es le trésor

Sur mon galion,

Le mirador

De ma prison.

 

Tu es l’étoile

A mon firmament,

La capitale

De mes sentiments.

 

Tu es la voile

Sur mon gréement,

La toile

De mes vêtements.

 

Tu es l’intime

De mes « je t’aime »,

L’infime

De mes phonèmes.

 

Tu es la rime

De mon poème.

 

Sonia

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 23:06

 

 Ton regard dans mes cieux

Te dire avec mes yeux,

 

Caresse de la soie

Te dire avec ma voix,

 

Comme les écrivains

Te dire avec mes mains,

 

Comme un tendre cadeau

Te dire avec ma peau,

 

Quand le soleil se meurt

Te dire avec mon cœur,

 

Dans le grain de mes larmes

Te dire avec mon âme,

 

Je t’aime !

  

 

Sonia

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 00:29

 

J’ai touché la lumière

Juste au creux de ta voix

Et vu à travers toi

De nouvelles frontières

 

Sans que l’aube s’en mêle

La nuit nous a donné

Son regard étonné

Ses étoiles trop belles

 

Et nos corps enlacés

S’envolant vers l’aurore

Transpiraient leurs « encore »

Sans jamais se lasser.

 

  

 Sonia

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 22:15

3 novembre 1915,

Mon tendre époux,

 

Me voici de nouveau sur pied. De nouveau prête à courir sur le joli chemin bordé de ces fleurs que tu as planté avec tout l’Amour que tu portes à la terre.

Mais rien cette fois encore…

 

Laisse moi te raconter ce rêve que j’ai fais pendant que la fièvre me tourmentait.

 

« A l’heure où la nuit se retire à peine j’ai entendu le chant d’un grelot, léger et lancinant à la fois. Je me suis levée et j’ai pris mon manteau pour sortir dans la brume du petit matin.

On n’y voyait pas à 3 pas ! J’ai tendu l’oreille sur le pas de la porte… Gling, Gling… Toujours ce grelot. J’ai appelé et en retour je n’ai entendu que le bruit du grelot à nouveau.

Je me suis avancée prudemment. Pourtant ni le brouillard, ni l’ambiance sinistre qu’il générait n’ont fait naitre la peur en moi. Je ne saurais dire pourquoi, je me sentais en sécurité.

Enfin j’ai vu apparaître une forme à travers la brume.

Difficile à croire mais je voyais devant moi deux chevaux tirant un chariot ! Je me suis avancée tout en frottant mes yeux incrédules et dans le chariot vide j’ai trouvé un paquet. Un joli paquet enrubanné. J’ai appelé encore pour savoir à qui appartenait tout ceci mais je n’ai eu pour toute réponse que le vent soufflant le son des grelots.

Je me suis penchée et j’ai pris le paquet, c’est comme si j’avais su qu’il m’était destiné. Au plus profond de moi je n’avais aucun doute là-dessus. J’ai mis le paquet dans la poche de ma pelisse et je suis rentrée pour m’abriter des frimas.

Une fois à l’intérieur, j’ai sorti le cadeau et j’ai entrepris de le déballer.

A l’intérieur j’ai trouvé ton portrait encadré comme celui qui est au-dessus de la cheminée dans notre chambre et au coin du petit cadre deux rubans, un noir et un rose…

Je me suis assise et mes larmes ont jailli comme un torrent. »

Ce sont ces mêmes larmes qui m’ont éveillée.

Heureusement je trouvais ta lettre juste après sinon ce signe funeste ne m’aurait pas aidé à me rétablir.

 

J’espère ne pas t’avoir inquiété avec mes soucis. Ils doivent te paraître bien futiles au regard de la vie dure que la guerre te mène…

 

Tu me manques, je voudrais inventer d’autre mots afin que tu ne te lasse pas de me l’entendre dire mais tu me manques tellement, j’ai besoin de ta présence pour rester vivante.

 

Je t’aime.

  

 

 

 

5 novembre 1915,

Mon Amour,

 

Comme je suis heureuse aujourd’hui !!!

Le docteur viens de passer me voir et il a confirmé ce que je soupçonnais depuis déjà quelques jours. Nous allons avoir un enfant !

Notre Amour a planté son fruit dans mon ventre et il grandit chaque jour nourri par les souvenirs que je cultive pour te garder près de moi.

J’aimerais avoir un garçon, tu te souviens du jeu des prénoms, nous avions choisi de l’appeler Daniel ?

Je prendrais bien soin de moi dès aujourd’hui afin que notre enfant soit le plus merveilleux de la terre. Afin que je lise la fierté et le bonheur dans tes yeux quand tu seras enfin de retour à la maison.

Oh ! Comme tu me manques toujours… Et plus encore depuis que je sais avec certitude que je porte notre enfant.

 

Je t’aime si fort…

A bientôt.

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 22:37

Lorsqu’entre quatre yeux

Se dessine l’Amour,

Il n’y a plus de Dieux,

Plus de nuits, plus de jours.

 

J’adore imaginer

A l’autre bout du ciel

Ton regard s’éloigner

Vers ma peau, vers son miel

 

Au coeur de l'iris bleue

Je baigne ta tendresse

Jamais plus d’autres cieux

Ne noierons ton ivresse

 

Je serais si tu veux

Ta fleur ou ta princesse

Tu liras dans mes yeux

Les mots de tes caresses

 

Lorsqu’entre quatre yeux

Flotte ce sentiment

Il n’y a plus de Dieux

Juste nous, deux amants.

 

Sonia

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 22:32

27 Octobre 1915,

 

Mon Amour,

 

Le froid de l’automne s’insinue sous ma peau et vrille mon cœur d’une langueur que je ne sais combattre…

Tu me manques, encore et toujours. Je tremble du froid de l’absence et mes yeux n’ont plus de larmes à force de pleurer.

Je crois que la boite aux lettres s’use à la force de mon regard.

Le rouge-gorge est parti sans doute s’est il lassé de ton absence… Et me voici de nouveau seule avec ma solitude.

J’aimerais tant te lire, au moins…

 

Je t’aime

 

 

 

 

1er novembre 1915,

Mon Adoré,

 

Enfin j’ai pu sortir du lit après 4 jours de fièvre et de délire !

J’étais si faible pourtant, que j’ai dû m’arrêter sur le chemin de notre jolie boite aux lettres.

Mais il me tardait tant de te lire que ça ne m’a pas paru si difficile.

Mon courage a été récompensé puisque j’ai trouvé ta lettre.

 

Mon pauvre Amour, si tu voyais l’état de ces cheveux que tu aimes tant aujourd’hui, ils te feraient sans doute reculer. Ils sont ternes et fatigués eux aussi.

Mais il suffit de me plaindre alors que j’ai envie de chanter à tue-tête pour fêter tes mots qui viennent tel un collier de bonheur se poser sur mon cœur.

Ce jour qui ne m’inspirait jusqu’aujourd’hui que de la tristesse devient un jour de fête.

Mon cœur bat la chamade l’entend tu ? Il est à l’unisson du tien…

 

Je suis fatiguée…

Tu me manques encore et toujours.

 

Je t’aime

 

 

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