Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 22:15

3 novembre 1915,

Mon tendre époux,

 

Me voici de nouveau sur pied. De nouveau prête à courir sur le joli chemin bordé de ces fleurs que tu as planté avec tout l’Amour que tu portes à la terre.

Mais rien cette fois encore…

 

Laisse moi te raconter ce rêve que j’ai fais pendant que la fièvre me tourmentait.

 

« A l’heure où la nuit se retire à peine j’ai entendu le chant d’un grelot, léger et lancinant à la fois. Je me suis levée et j’ai pris mon manteau pour sortir dans la brume du petit matin.

On n’y voyait pas à 3 pas ! J’ai tendu l’oreille sur le pas de la porte… Gling, Gling… Toujours ce grelot. J’ai appelé et en retour je n’ai entendu que le bruit du grelot à nouveau.

Je me suis avancée prudemment. Pourtant ni le brouillard, ni l’ambiance sinistre qu’il générait n’ont fait naitre la peur en moi. Je ne saurais dire pourquoi, je me sentais en sécurité.

Enfin j’ai vu apparaître une forme à travers la brume.

Difficile à croire mais je voyais devant moi deux chevaux tirant un chariot ! Je me suis avancée tout en frottant mes yeux incrédules et dans le chariot vide j’ai trouvé un paquet. Un joli paquet enrubanné. J’ai appelé encore pour savoir à qui appartenait tout ceci mais je n’ai eu pour toute réponse que le vent soufflant le son des grelots.

Je me suis penchée et j’ai pris le paquet, c’est comme si j’avais su qu’il m’était destiné. Au plus profond de moi je n’avais aucun doute là-dessus. J’ai mis le paquet dans la poche de ma pelisse et je suis rentrée pour m’abriter des frimas.

Une fois à l’intérieur, j’ai sorti le cadeau et j’ai entrepris de le déballer.

A l’intérieur j’ai trouvé ton portrait encadré comme celui qui est au-dessus de la cheminée dans notre chambre et au coin du petit cadre deux rubans, un noir et un rose…

Je me suis assise et mes larmes ont jailli comme un torrent. »

Ce sont ces mêmes larmes qui m’ont éveillée.

Heureusement je trouvais ta lettre juste après sinon ce signe funeste ne m’aurait pas aidé à me rétablir.

 

J’espère ne pas t’avoir inquiété avec mes soucis. Ils doivent te paraître bien futiles au regard de la vie dure que la guerre te mène…

 

Tu me manques, je voudrais inventer d’autre mots afin que tu ne te lasse pas de me l’entendre dire mais tu me manques tellement, j’ai besoin de ta présence pour rester vivante.

 

Je t’aime.

  

 

 

 

5 novembre 1915,

Mon Amour,

 

Comme je suis heureuse aujourd’hui !!!

Le docteur viens de passer me voir et il a confirmé ce que je soupçonnais depuis déjà quelques jours. Nous allons avoir un enfant !

Notre Amour a planté son fruit dans mon ventre et il grandit chaque jour nourri par les souvenirs que je cultive pour te garder près de moi.

J’aimerais avoir un garçon, tu te souviens du jeu des prénoms, nous avions choisi de l’appeler Daniel ?

Je prendrais bien soin de moi dès aujourd’hui afin que notre enfant soit le plus merveilleux de la terre. Afin que je lise la fierté et le bonheur dans tes yeux quand tu seras enfin de retour à la maison.

Oh ! Comme tu me manques toujours… Et plus encore depuis que je sais avec certitude que je porte notre enfant.

 

Je t’aime si fort…

A bientôt.

Partager cet article
Repost0

commentaires

M
Je pense que tu as bel et bien raté ta vocation. J'ai hâte de connaitre la suite.
Répondre
S
ouahhh.. encore plus hallechant!! je suis sans voix.. merci merci bcp pour ton talent!!!
Répondre

Présentation

  • : Au nom de la plume
  • : Mes poèmes
  • Contact

Recherche

Liens